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Le compostage :
comment ça marche ?
en 3 étapes

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Résumé de l'article

Le compostage est un processus naturel qui transforme les biodéchets en compost : une matière riche en nutriments et micro-organismes. Dans cet article, nous allons voir en détail la biochimie qui opère au coeur du processus de compostage. Riche de ce savoir, nous verrons ensuite comment faire un bon compost dans son jardin. 

Ecrit le 15 Décembre 2020 par Terence

1) Le compost : un processus naturel

En cette saison d’automne, les feuilles tombent des arbres par millier dans la forêt de Bourgailh à Pessac, proche de Bordeaux. Au sol, elles se mélangent naturellement à la mousse verte, aux brindilles de bois, aux fruits arrivés à maturation. Des scarabées, des fourmis, des papillons, un écureuil, une perdrix rendent leur dernier souffle sur ce lit douillet de végétation. Des bactéries se développent alors dans cet écosystème qui présente plusieurs caractéristiques :
  • De l’eau et de l’humidité
  • De l’oxygène
  • De la matière carbonée (bois, branches, brindilles)
  • De la matière azotée (feuilles, mousse, fruits et légumes, cadavres d’animaux)
En présence de ces éléments, les bactéries dégradent la matière et la transforment en humus : la couche supérieure du sol, riche en nutriments, eau et micro-organismes. L’humus, nous le connaissons aussi sous le nom de “compost”. On parle d’humus lorsque la dégradation a lieu en milieu naturel (forêt, pairie, sous-bois). On parle de compost lorsque la décomposition est initiée par l’être humain.

2) Principe biochimique du compostage

Le compostage est un processus aérobie de dégradation de la matière organique en matière stable appelée humus ou compost.

Voilà une belle définition scientifique qui rassemble plein de termes techniques en une seule phrase ! Voyons pas à pas ce qu’il y a derrière cette définition.

Processus aérobie. L’adjectif aérobie signifie que le processus a lieu dans un milieu qui contient de l’oxygène. L’oxygène est consommé par des micro-organismes qui vont dégrader les macromolécules de la matière organique. Plusieurs sous-catégories microbiennes se succèdent pour décomposer la matière :

  • Les bactéries. Ce sont les plus petits des micro-organismes, parfois constitués d’une seule cellule. Elles dégradent la matière en premier et réalisent le gros du travail (matière “molle”). Elles se comptent en milliards d’individus par kilo de compost !
  • Les actinomycètes. A la frontière entre les bactéries et les champignons, les actinomycètes libèrent des enzymes qui découpent les molécules de cellulose, lignine, chitine et protéine (matière “dure”). 
  • Enfin, les micro-organismes fongiques. Les champignons et les levures se développent en fin de processus de compostage. Ils vont dégrader la matière sèche ou à teneur trop faible en azote pour être mangée par les bactéries.

Matière stable. Dans la nature, le processus de dégradation de la matière dure 1 à 2 ans. Pendant la phase de dégradation, on dit que la matière est instable. Les paramètres biochimiques changent au cours du temps (température, minéraux, état physique). 

Graphe de la température dans le compost au cours du temps

Au début du compostage, les bactéries dégradent la matière molle en consommant de l’oxygène. Cette première phase (A) libère de la chaleur. Puis, les actinomycètes et les champignons s’installent. Ils découpent la matière dure en matière molle qui est ensuite consommée par les bactéries. La température augmente fortement (B).

A partir de 60°C, les micro-organismes meurent. Les bacilles toxiques pour l’être humain meurent à cette température. On parle d’hygiénisation de la matière. Cette étape est primordiale pour utiliser le compost dans l’agriculture sans transmettre de virus à l’être humain.

La température atteint un pic vers 70°C puis redescend avec la baisse de l’activité bactérienne. Des champignons s’installent dans la matière et décomposent les fibres et filaments. La matière prend une couleur cendre (C). 

La température se stabilise autour de la température extérieure. Les vers de terre (Eisenia Andrei) finissent le compostage en mangeant la matière décomposée par les bactéries et les champignons.

A la fin du processus, la température est stable et les propriétés chimiques de la matière ne changent plus (azote, phosphore et potassium, dits “N, P, K”) : la matière est stable.

 

Humus ou compost. L’humus est la couche supérieure du sol qui contient des nutriments (N, P, K, Ca, etc). Ces derniers sont la source principale de nourriture des plantes. L’humus a une structure physique qui ressemble à une éponge. Il permet d’absorber l’humidité de l’air et retient l’eau de pluie. C’est un réservoir d’eau pour les plantes. L’humus est également un milieu riche en micro-organismes. La diversité de l’humus permet de prévenir les invasions de parasites. En effet, les bactéries sont en permanence en compétition les unes avec les autres pour les nutriments, l’oxygène et l’eau. Ainsi, cette compétition empêche qu’une espèce prenne le dessus sur les autres et soit néfaste pour les plantes. 

L’humus et le compost ont une composition similaire. Seule l’origine est différente. L’humus est produit naturellement. Le compost est produit par l’être humain. Par exemple, chez BicyCompost, nous produisons le compost en andin. C’est-à-dire que nous empilons les couches de copeaux de bois et de biodéchets comme des lasagnes sur des lignes de plusieurs dizaines de mètres.

3) Faire un bon compost

Maintenant que nous savons tout sur le compost, voyons comment faire un bon compost dans son jardin.

Tout d’abord, il nous faut de la matière organique dite “biodéchets” (c’est un peu le but). Dans la nature, tout ce qui est biodégradable est compostable. C’est-à-dire : les fruits et légumes, les restes alimentaires, la viande, le poisson, les agrumes, les oignons, les os… Bref, tout ce qui est animal ou végétal !

Ensuite, il faut de la matière sèche : copeaux de bois, branches, feuilles mortes. La matière sèche permet de créer des espaces et donc d’apporter de l’oxygène pour les bactéries au coeur du compost. Pour deux doses de biodéchets, ajoutez une dose de matière sèche.

Enfin, il faut de l’eau. L’eau est vitale pour les bactéries et donc pour le compostage. Un compost trop sec (attention l’été) ne permet pas aux bactéries de se développer. Par contre, un compost trop humide (attention à la pluie) risque de dégager de fortes odeurs. En effet, l’eau peut remplir les espaces créés par la matière sèche et empêcher l’oxygène de pénétrer dans le compost. En l’absence d’oxygène, les bactéries aérobies sont remplacées par des bactéries anaérobies. Ces dernières libèrent du méthane ou de l’ammoniac responsables des mauvaises odeurs.

Nous avons vu que tous les biodéchets sont compostables. Par contre, il faut garder en tête que les restes de repas, la viande ou le poisson dégagent une forte odeur lors de la décomposition. Pour gérer ces odeurs, nous vous conseillons d’ajouter plus de matière sèche (ratio 1:1), de couper en petits bouts les restes alimentaires et d’aérer régulièrement la matière.

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